Chapitre 38: Chamaillerie

Chapitre 38: Chamaillerie
10h...
Le lendemain matin, à l'aube, un conseil se tenait entre quelques jeunes ninjas du pays de la feuille ainsi que Temari ; les plus courageux étaient présents.
"Vous croyez qu'elle nous a tout dit ? demanda Lee.
_ Probablement pas, répondit Kakashi.
_ Elle a un regard... étrange...
_ Elle a souffert des années durant, observa Gai. Rester isolée du monde, c'est pas vraiment recommandé.
_ Peut-être mais elle a développé un instinct de survis hors du commun, répliqua le sensei aux cheveux gris.
_ Vous dites cela comme si, pour vous, c'est une chance pour elle, intervint froidement Temari qui n'avait jusque-là rien dit.
_ Naruto, Gaara, Sasuke en ont autant souffert", répliqua Kakashi.
Temari se tut et baissa la tête.

Le Kazekage se dirigea vers la chambre de la jeune fille accompagné de son frère, Kankuro. Celui-ci frappa à la porte.
"Ira ? Êtes-vous prête ?"
Ira ouvrit, prête depuis plusieurs heures et n'avait pas bouger de sa chambre.
"Oui.
_ Bien. Suivez-nous."
Elle referma la porte et marcha à leur suite, docilement.

Dans la chambre de Sakura et Ino...
Elle s'avançait lentement vers le lit, sans faire de bruit, en évitant de pouffer de rire à l'idée de ce qu'elle allait faire. Elle finit par le vider.
"KKKKKKYYYYYYYAAAARRRGGGGHH !!!!!!"
Elle laissa tombé le seau et s'écroula de rire par terre.
"INNOOOOO !!! JE VAIS TE TUER !!!!!"
Sakura se leva, trempée de la tête aux pieds, et se jeta sur Ino qui était pliée en deux par terre.
_ Tu vas payer pour ce que tu viens de faire !!!"
Ino, à bout de souffle, ne put se défendre et Sakura la fit rire de plus belle en la chatouillant. Sans qu'Ino ne s'en rende compte, Sakura se leva, prit le seau et entra dans la salle de bain. La blonde se releva tant bien que mal, toujours en pouffant de rire, les larmes aux yeux. Mais malheureusement pour elle, elle ne vit pas Sakura s'approcher d'elle par derrière, un seau à la main. Cette dernière le vida sur sa meilleure amie.
"KKKKYYYYYAAAAARRRGGHH !!!!
_ Tu verrais ta tête ! s'exclama Sakura, après avoir observée Ino se retourner lentement, trempée. Tu l'as cherché !!
_ Sakura... c'est à ton tour...
_ Ah non !! Non non Ino !! Non non je veux pas Ino !!
_ Oh si !!
_ Non !!

Dans la chambre de Naruto et Hinata...
"Bonjour Hinata... Hinata ?"
Le blondinet se leva du lit, intrigué de ne pas trouver la jeune fille à ses côtés.
"Je suis là, Naruto.
_ Ah ! Te voilà" dit-il en se retournant.
Hinata sortait de la salle de bain, les cheveux encore humides. Il s'approcha et tendrement, l'a pris dans ses bras.
"KKKKYYYYYAAAAARRRGGHH !!"
Naruto releva la tête, surpris par le cris qu'il venait d'entendre.
"C'était quoi ça ?
_ Je crois que c'était Ino. Sakura et elle doivent être en train de se chamailler.
_ On va voir, demanda Naruto, un sourire aux lèvres.
_ Si tu veux" répondit Hinata, amusée.

Dans la chambre de Sakura et Ino...
Furieusement, les deux jeunes shinobis continuaient de se débattre. La porte de leur chambre s'ouvrit. Elles se tournèrent finalement vers l'encadrement de la porte. Naruto et Hinata se tenaient devant elles.
"Eh les filles ! Qu'est-ce qui vous prend ?
_ Elle m'a foutu un seau d'eau sur la tête !! gémit Ino.
_ C'est toi qu'a commencé ! répliqua Sakura d'un air outré.
_ C'était trop tentant ! ricana la blonde.
_ Mais je dormais ! continuait Sakura.
_ Raison de plus !
Naruto et Hinata observèrent les deux jeunes kunoichis : elles étaient toutes deux trempées ainsi que le lit de Sakura et le sol était marqué par des ronds ça et là, la moquette plus foncée de part l'eau qui s'y était infiltrée.
_ Les filles, je vous conseilles de vous dépêcher parce que je crois que tout le monde est descendu, dit Hinata.
_ Tout le monde, je ne pense pas, répliqua Ino. D'ailleurs, je dois aller en réveiller un.
_ Qui ça ? demanda Sakura, toujours par terre.
_ Shikamaru. Tous les matins, on est obligé de le réveiller sinon tu ne le vois pas avant trois heures de l'après-midi. Une véritable feignasse."
Sakura feignit d'acquiescer, l'air ennuyée par le comportement de Shikamaru qui désespérait ses amis, et se releva. Ino ne fut pas dupe.
"Non ! C'est moi qui y vais la prendre en première ! s'exclama-t-elle.
_ Tu peux toujours rêver !"
Sakura et Ino se jetèrent ensemble vers la porte de la salle de bains.
"Laisse-moi passer !
_ Non ! Toi, laisse-moi passer !!
_ On va les laisser, dit Naruto à Hinata, qui lui, était plus désespéré par le comportement des deux amies et rivales plutôt que par celui du Nara.
_ A tout à l'heure, salua Hinata, inutilement.
Ils refermèrent la porte derrière eux et rejoignirent les autres en bas, laissant les deux rivales se disputer.

# Posté le samedi 01 septembre 2007 14:20
Modifié le jeudi 07 mai 2009 16:03

Chapitre 39: Langage codé

Chapitre 39: Langage codé
Quand Ino, Sakura et Shikamaru arrivèrent enfin dans la salle où devait avoir lieu la réunion qui aura pour but de débattre sur la situation d'Ira et de la façon dont il va falloir agir, les autres ninjas étaient déjà présents.
"Excusez-nous pour le retard" dit Sakura en entrant dans la grande pièce où se dressaient à leur gauche les immenses représentations des précédents Kage de Suna.
"Eh bien ! Heureusement que je suis venue te réveiller, murmura Ino à Shikamaru.
_ Ouais ba, t'aurais pu y aller plus doucement : me secouer comme un prunier... J'aurais préférer un peu plus de douceur, ironisa Shikamaru.
_ Maintenant que tout le monde est là nous allons pouvoir commencer cette réunion" déclara Baki, debout à la gauche de Gaara.
Ira, quant à elle, se tenait à la droite de Gaara. Les dix-huit autres ninjas étaient assis autour de la table de forme circulaire.
"Après l'entretien que nous avons eu hier soir, reprit Baki, nous avons décidé de tenir cette réunion afin d'éclaircir la situation et de mettre en place une stratégie au vue de la position délicate dans laquelle nous nous trouvons. Pour cela, je demande, au nom du Kazekage-sama, que Ira, ici présente, nous retrace une nouvelle fois son histoire et, cette fois, sans omettre aucun détail."
Les ninjas se tournèrent vers la jeune fille concernée. Cette dernière pâlit.
"Mais... je vous ai tout dis...
_ Nous n'en sommes pas sûrs. Trop de choses ont été dissimulées pendant vos interrogatoires. Estimez-vous heureuse : nous vous épargnons le cachot et la torture."
A ces mots, Ira ne répondit pas et se contenta de baisser la tête, attendant la suite, comme à son habitude.
"Bien, reprit Baki. Vous vous appelez Ira, vous ne connaissez pas votre nom de famille. Vous avez été élevée par votre oncle, votre tante et votre cousin, tous trois décédés. C'est bien cela ?
_ Oui.
_ Vous affirmez être née et avoir vécu aux alentours de Konoha mais pourtant aucun document ne prouve cela. Pouvez-vous l'expliquer ?
_ Je vous l'ai déjà dit : j'ai été élevée dans le secret. Je ne connais pas mes vrais parents, on n'a jamais rien voulut me dire. Je ne sais même pas si ces personnes étaient vraiment de ma famille. Je ne sais rien d'autre. La seule chose que je peux vous dire, c'est que dès mon plus jeune âge, ma tante m'enseignait le taijutsu et mon oncle le ninjutsu et le genjutsu. Ils me répétaient sans arrêt que je devais absolument me battre le plus vite possible. Pendant des années, je n'ai cessé de me perfectionner...
_ Je me permet d'intervenir, Kazekage-sama, intervint Kakashi avant que Baki ne réponde.
_ Allez-y, accorda Gaara.
_ S'ils vous enseignaient des techniques de ce genre, demanda Kakashi après avoir remercié le Kazekage d'un signe de tête, pensez-vous qu'ils étaient ninjas ?
_ Je n'en sais rien. Si tel était le cas, je n'en ai jamais entendu parler et ne s'absentaient pas. Avant peut-être... Un jour, j'ai voulu savoir pourquoi je devais m'entraîner ainsi. Mais ils m'avaient répondue que c'était comme ça et que je n'avais pas à me poser de questions. J'ai trop insisté et je l'ai amèrement regretté...
_ Je vois.
_ Quand votre cousin est mort, qu'avez-vous fait ? repartit Baki toujours d'un ton ferme.
_ Qu'est-ce que vous vouliez que je fasse ? répliqua sèchement et d'un regard noir Ira. Je l'ai enterré comme je l'avais fait précédemment avec mon oncle et ma tante et les hommes qui les avaient tués. Ensuite, j'ai continué à m'entraîner sans trop me poser de questions, comme je leur avais promis. Je suis restée cachée et recluse du reste du monde, fidèle à leur souhait.
_ Pensez-vous qu'ils vous cachaient quelques chose ?
_ Évidemment. Je crois que la question ne se pose même pas."
Elle jeta un regard enragé au bras droit du Kazekage, ce dernier l'ignorant du mieux qu'il le pût.
"Quoi par exemple ?"
Ira se lassait de toute ces questions et soupira.
"Je ne sais pas ; mes parents, à quoi je sers, pourquoi est-ce que je suis en vie, pour qui...
_ Vous êtes arrivée sur le dos d'un cheval et quand nous sommes venue à votre secours, il a soudainement disparu, pourquoi ?
_ J'aimerai que vous me laissiez tranquille. J'ai déjà répondu des dizaines et des dizaines de fois à toutes vos questions et je ne vois pas en quoi une fois de plus cela servirait à grand-chose.
_ Je ne vous demande pas votre avis, vous obéissez seulement.
_ J'en ai plus qu'assez de vous obéir. Je suis venue ici en croyant que l'on m'aiderait, je recherchais du soutien et tout ce que je trouve, c'est de l'antipathie. Puisque c'est comme ça, autant que je reparte d'où je viens.
Sur ceux, elle se leva brusquement, chancela dangereusement, et tomba.

***


"Où suis-je ?
_ Ne vous en faites pas. Vous vous êtes juste évanouie."
La jeune fille cligna des yeux ; une lumière éclatante l'aveuglait et l'empêchait de distinguer l'endroit où elle se trouvait. Peu à peu, ses yeux s'habituèrent et elle tourna lentement la tête de côté. Elle était allongée au même endroit que la dernière fois.
"Vous êtes à l'infirmerie" l'informa la voix.
Une jeune fille aux cheveux roses la regardait en souriant.
"Qui êtes-vous ? demanda Ira.
_ Je suis une ninja de Konoha et ninja-médecin. Je m'appelle Haruno Sakura." Ira reposa sa tête devenue bizarrement trop lourde et ferma les yeux. "Reposez-vous. Je reviendrez dans quelques minutes.
_ Non attendez. Je vais me lever."
Sur ceux, Ira rouvrit les yeux, et leva la tête en s'appuyant sur ses coudes tremblants.
"Je ne pense pas que ce soit une très bonne idée. reposez-vous encore un peu.
_ Non, c'est bon. Je vais mieux" dit-elle assise au bord du lit. La tête lui tournait encore et lui donnait la nausée. Prenant sur elle-même, elle releva la tête et fit face Sakura. "Je dois m'en aller. Je ne veux pas rester ici plus longtemps. Laisse-moi passer."
Sakura la regardait, bouche bée. Elle se reprit, les sourcils froncés et les muscles tendus.
"Il n'en est pas question. Vous êtes sous mes soins et sous la protection de ce village.
_ Pardon ? La protection ? C'est une blague ? J'ai fait une erreur monumentale, et je dois me tirer d'ici au plus vite sinon ils me retrouveront. Maintenant, dégage, laisse-moi passer.
_ De qui tu parles ? Qui te retrouveront ?
_ ça ne te regarde pas. Dégage ou je vais vraiment finir par m'énerver."
Les deux jeunes filles se regardaient dans le blanc des yeux et pas une ne cilla. Sakura réfléchissait à tout allure.
_ Quoi que tu essayes de faire, tu n'arriveras pas à sortir d'ici.
_ C'est ce qu'on verra.
Sakura, les poings serrés et tremblants, hésitait. Que devait-elle faire ? Elle baissa les yeux, se détendit et laissa passer Ira.
"Très bien, vas-y. Fais ce que tu veux, pars si ça te chante."
Ira demeura interdite ; elle ne s'était pas attendue à si peu de résistance. Reprenant ses esprits, elle ne se fit pas prier, et se mit debout. Elle chancela dangereusement mais Sakura resta de marbre et ne fit pas un geste pour l'aider, se contentant seulement de la regarder, d'un air ferme. Ira s'était rattrapée en s'agrippant au lit ; elle reprit son souffle, se dressa fièrement et, sans un regard vers Sakura, sortit de l'infirmerie sans faire attention à sa vue quelque peu brouillée. Sakura sortit à sa suite après avoir attendue quelques secondes. Le chemin qui menait à la sortie du village était désert, par chance. Ses jambes tremblaient et avaient du mal à la soutenir, la tête lui tournait toujours autant. La nausée la reprit et l'adolescente se laissa glisser le long d'un mur couleur sable du village, au coin d'une rue, à l'ombre du soleil qui se trouvait à son zénith. Les gens étaient rentrés chez eux à cause de la chaleur et elle comprenait pourquoi. Sortir par une telle chaleur après un malaise était totalement inconscient. Mais peu lui importait, du moment qu'elle se trouverait à l'abri, loin de la vue du monde. Elle continuerait malgré tout à se cacher même si elle avait auparavant aspiré à autre chose. Tant pis. Si c'était là la seule solution pour rester en vie, elle ferait ce sacrifice. La soif la tiraillait, elle essayait néanmoins de l'ignorer. Elle tenta de se relever mais sa vue devint brusquement floue.
"Maintenant tu sais pourquoi il serait préférable que tu restes ici." Ira leva la tête. Une personne ne tenait à ses côtés et la regardait mais elle ne pût distinguer son visage, le soleil l'éblouissait. "Allez, viens. Je vais t'aider à te relever." Une main se présenta à Ira. Cette dernière la regarda un instant et s'y résolut. Tremblante, des perles de sueur dégoulinant sur son visage au teint pâle, elle prit sans force la main qui lui était tendue et se laissa guider par la jeune fille aux étranges cheveux roses.

***


La réunion avait été sur le point de se terminer quand les deux jeunes filles entrèrent. Ira était restée quelque temps à l'infirmerie afin de se remettre de son malaise et de son escapade dans les rues de Suna. Elle et Sakura avait un peu discuté et une complicité qu'elle ne saurait expliquée s'était installée entre elles. Sakura avait résonné Ira et cette dernière avait décidé de retourner dès que possible dans la grande salle. Celle-ci était devenue soudainement silencieuse quand elles entrèrent. Elles reprirent leur place initiale sous les regards surpris des ninjas présents.
"Vous vouliez savoir pour ma jument ?" demanda Ira étrangement calme et sûre d'elle. Personne ne répondit. "Mon oncle m'a appris la technique d'invocation, tout simplement. J'avais sept ans."
Les ninjas demeurèrent interdis.
"Sept ans ? C'est assez surprenant, releva Kakashi, neutre.
_ Plutôt oui ! s'exclama Gai, plus joyeux.
_ Elle est devenue ma meilleure amie, reprit Ira sans faire attention à leur stupéfaction. Quand mon cousin est mort, je n'avais plus qu'elle. Sinon, c'était devenir folle. Depuis, elle ne me quitte plus. Vous avez d'autres questions ? Qu'on en finisse le plus vite possible.
_ Votre sac" dit Baki sèchement. Le ton qu'avait pris la jeune fille ne lui plaisait guère.
"Pour ce qui est du sac, je ne pourrais pas plus vous aider.
_ Et pourquoi ?
_ Parce que moi-même je ne sais pas ce que veulent dire ces documents.
_ Quels documents ?
_ Selon mon oncle et ma tante, ces documents appartiennent à ma famille et je dois les protéger.
_ Et qu'est-ce qu'ils contiennent ?
_ Je viens de vous dire que j'en sais rien. Ils sont écris dans une langue que je ne comprends pas."
Baki s'adressa à un ninja qui se trouvait derrière lui.
"Allez me chercher ce sac.
_ Ne vous gênez pas surtout, répliqua Ira.
_ C'est mon droit.
_ Ce sac m'appartient.
_ Tout pendant que l'on aura pas éclairci votre situation, nous avons tous les droits sur vous."
Ira se contenta de la fixer aussi froidement qu'elle l'avait fait avec Sakura plus tôt, et Baki ne se laissa pas démonté. Le ninja revint enfin, le sac à la main. Baki en sortit d'anciens parchemins. Ira s'interposa.
"Vous n'avez pas le droit ! Je suis la gardienne de ses parchemins ! Ils n'appartiennent qu'à moi !!!
_ Très bien. Ouvrez-les."
Ira s'était levée lorsque Baki avait sortit les documents. Gaara la regarda et elle s'exécuta. Elle sortit le reste des rouleaux et les posa doucement sur la table. Il y en avait une dizaine. Elle en déroula un délicatement. Des centaines de signes et d'idéogrammes se découvrirent devant eux. Baki se pencha sur eux.
"Ça ne veut rien dire.
_ C'est bien ce que je vous disais."
Gaara et Kakashi se penchèrent au-dessus des parchemins.
"Sasuke. Viens voir s'il te plaît" dit l'ancien Anbu. Sasuke se leva, curieux, et contempla les parchemins. "Ça te dit quelques chose ?
_ Non. Ça devrais ?" Kakashi ne répondit pas et reporta son attention sur les rouleaux. "Attendez... Je crois en avoir vu des semblables un jour. J'étais entré dans le bureau de mon père. Je savais bien que j'avais interdiction de m'approcher de cette pièce, mais j'étais tout de même entré. En fouillant sur son bureau, j'avais trouvé des vieux parchemins un peu comme ça. Il y avait des signes que je ne connaissais pas inscrits dessus.
_ Ces écritures, reprit Kakashi, c'est normal que personne ne sache les lire.
_ Pourquoi ? demanda Gaara.
_ C'est un alphabet codé inventé par la police de Konoha." Kakashi se tourna alors vers Sasuke, ce dernier comprit et fronça les sourcils mais ne dit rien. "C'est ça Sasuke. Ta famille avait inventé ses propres idéogrammes pour les missions spéciales et les documents confidentiels. Seuls ses membres pouvait les déchiffrer.
_ Qu'est-ce qu'ils font ici ?
_ Je n'en ai pas la moindre idée.
_ Ça ne peut pas être ces documents, intervint Ira.
_ Qu'est-ce qui vous fait dire ça ?
_ Ils ont toujours été dans la maison.
_ Tu ne savais même pas qu'il y avait une planque dans le plancher, comment tu aurais pu deviner avec ça répliqua Sasuke avec un regard noir.
_ En parlant de ça, pourrais-je savoir ce qu'il y avait dans cette planque ?
_ Ça ne te regarde pas.
_ Si c'était chez moi, je crois que si.
_ Je te répète que ça ne te regarde pas !


# Posté le dimanche 02 septembre 2007 07:50
Modifié le vendredi 08 mai 2009 09:26

Chapitre 40: Dévoré de l'intérieur

Chapitre 40: Dévoré de l'intérieur
"C'est la deuxième fois que Sasuke réagit de cette façon envers Ira.
_ Il doit y avoir un lien entre eux.
_ Possible. Tu penses à quoi, Sakura-chan ?
_ Je ne sais pas. On le saura peut-être bientôt. Tu viens avec moi lui parler, Naruto ?
_ Je ne suis pas sûr qu'il veuille bien nous voir, surtout en ce moment. Il nous a déjà envoyé balader plusieurs fois.
_ On s'était promis de l'aider.
_ Très bien. Je t'accompagne" céda Naruto après réflexion.
Les deux jeunes gens se mirent donc à la recherche, une fois de plus, de leur ancien coéquipier. La réunion était terminée depuis quelques minutes seulement. Ils avaient encore plus matière à réflexion désormais. Outre Sasuke, Ira et ses mystérieux rouleaux s'y ajoutaient. Sakura et Naruto cherchaient au hasard sans grande espérance.
"Tu crois qu'il est dehors ? Il fait une chaleur à crever quand même.
_ Connaissant Sasuke, ça ne m'étonnerait pas, répondit Sakura. Au moins, il est sûr d'être tranquille.
_ Pour sûr.
_ Uzumaki Naruto ?
_ Oui ?" fit l'interpellé en se retournant.
Un ninja de Suna se tenait devant lui.
"Kazekage-sama souhaiterait vous parler, dit celui-ci.
_ Ah ? C'est-à-dire que...
_ Ne t'inquiètes pas pour moi, Naruto, coupa Sakura. Je me débrouillerai. Je vais bien finir par le trouver.
_ OK, je te rejoindrai plus tard.
_ Pas de problème."
L'Uzumaki salua son amie d'un sourire et s'éloigna, suivant le ninja qui devait le conduire à Gaara.
"Bon, alors. Où est-ce que tu te caches Sasuke ?" se dit-elle.
La kunoichi poursuivit donc son chemin à travers les couloirs et les escaliers, puis les rues du village constamment couronnées d'un soleil de plomb. Son regard se perdait dans les couleurs pâles qui l'entouraient et ses pensées s'égarèrent ; au point qu'elle ne prenait plus attention à sa recherche et se laissait guider par ses pieds qui finirent par la mener sur les remparts, à contre-jour du soleil, au nord du village. Elle surplombait ainsi tout Suna, toujours plongée dans ses pensées, à l'ombre . Victime du soleil, du sable et du vent, le village de Suna, ainsi dissimulé en plein désert et entouré de remparts, se fondait totalement dans le paysage puisque chaque maison et édifices étaient de la couleur même du sable.
"Qu'est-ce que tu comptes faire ?" Silence. "Je fais partie de ton équipe, j'ai le droit de savoir. Qu'est-ce que tu nous caches, Sasuke ? C'est quoi cette histoire de parchemins ?
_ Ça ne te regarde pas.
_ Si ! Et je veux que tu me le dises, t'as pas à nous cacher des trucs pareils... surtout à moi.
_ Karin, ferme-la.
_ Je ne me tairerai pas tant que tu ne m'auras rien dit !
_ Je t'ai dit de la fermer !
_ Très bien... mais, je te signale qu'elle nous écoute depuis plusieurs minutes."
Sakura sentit un regard se tourner dans sa direction, et elle sortit de l'ombre. Lorsqu'elle apparut au soleil, Karin n'était plus là. Elle se posta devant Sasuke et le regarda, indifférente, attendit ses paroles.
"Qu'est-ce que tu fais là ? fit-il sèchement.
_ Naruto et moi te cherchions, répondit la jeune fille.
_ Vous n'avez rien d'autre à faire plutôt qu'à me servir de boulets ? Je n'ai aucune envie de vous voir.
_ Nous savons très bien que nous t'importons peu, voire pas du tout, mais on s'inquiète pour toi et...
_ Je n'ai pas besoin de votre pitié" répliqua Sasuke avant de tourner le dos à la kunoichi et de commencer à s'éloigner.
Sakura fronça les sourcils et le rattrapa, elle se mit à sa hauteur.
"Laisse-moi, dit seulement Sasuke, perdant vite patience.
_ Non. Maintenant, tu vas me laisser parler. Je viens de comprendre que tu n'as rien dis non plus aux membres de ton équipe. Je vois que tu n'as pas changer ta manière d'agir... Cela dit ça ne m'étonne pas vraiment mais ce n'est pas ça qui m'intéresse. Ira, c'est qui cette fille ?
_ Pourquoi ? T'es jalouse ? se moqua-t-il.
_ Arrête de dire des conneries et explique-moi plutôt. Tu avais pourtant l'air de connaître pas mal de choses sur elle.
_ Je la connais pas, cette fille.
_ Alors comment expliques-tu le fait que tu te sois trouvé à l'endroit où elle se cachait et que tu y aies trouvé ces parchemins qui appartiennent normalement à ta famille ?
_ T'es lourde avec tes questions. Je t'ai déjà dit que je ne connaissais rien d'elle, c'est le hasard rien de plus."
La kunoichi eut un moment de réflexion. Ils s'étaient arrêtés tous deux, toujours à l'ombre des remparts.
"Je veux bien te croire. Mais j'ai une autre question, reprit-elle et avant de laisser le temps de répondre à Sasuke : qu'est-ce que tu as trouvé là-bas ?" Le jeune homme ne répondit pas et reprit sa marche en ignorant totalement Sakura. "C'est que ça doit être drôlement intéressant pour que tu le caches à ce point, Sasuke, fit-elle à haute voix sans bouger et en regardant le nukenin s'éloigner peu à peu. Je me demande bien ce que t'as trouvé. Elle se mit à le suivre, à une distance de quelques mètres et d'une démarche certaine, déterminée. Moi je vais te dire ce que je pense : je crois que c'est quelque chose d'évidement terriblement tabou pour toi ; tellement tabou que ton embarras et ton incompréhension se lisent sur ton visage habituellement de marbre et impassible. Tu ne sais plus quoi penser, tous tes plans se trouvent bouleversés et tu ne sais plus par quoi commencer. Il y a d'un côté ta haine envers Itachi et ce nouveau mystère qui vient de se greffer à l'histoire sombre de ta famille. Quoi que tu fasses, que tu choisisses l'un ou l'autre, tu demeureras insatisfait car tu seras constamment tourmenté. Ta fierté et ton honneur d'un côté et ton amour pour ta famille de l'autre...* Je rajouterai même que tu es lié d'une quelconque manière à Ira. Eh ! Si ça se trouve, tu l'as connait mais tu ne veux rien dire. Pourquoi ? Dans ce cas-là, pourquoi est-ce qu'elle ne se rappelle pas de toi ? Qu'est-ce que tu en dis Sasuke ? J'ai raison ?"
Au milieu de ces hypothèses, Sasuke s'était arrêté et Sakura également, derrière lui. Il l'avait écouté, au départ sans attention, et puis son indifférence laissa place à de la surprise puis à de la colère mêlée d'une forte inquiétude. C'était comme si elle fouillait dans sa conscience et en extirpait de force des pensées intimes et mettait à jour une anxiété profonde. Elle remuait dans les tréfonds de son âme qu'elle mettait à nue laissant apparaître une terreur enfantine toujours présente dont chaque souvenir douloureux déchirait son âme et la laissait à vif pour ensuite de nouveau la violer. Cette tare, cette souillure le dévorait de l'intérieur depuis des années et avait finit par atteindre son c½ur le jour où il décida de vendre son âme au diable.
Reprenant ses esprit et son habituelle contenance apparente, il se retourna, regarda droit dans les yeux Sakura et lui révéla ses découvertes insensées.
"En fouillant dans la maison, j'ai trouvé une pile de journaux. Je les ai parcouru et tous relataient le même événement : 'Le carnage de la Famille Uchiwa' provoqué par l'héritier même de ce clan maudit. Mon cher frère que j'admirais tant. Ce n'est pas tout : en parcourant le plancher de long en large, j'ai remarqué qu'une des lattes tremblait. Je l'ai soulevé et j'ai trouvé ça."
Sasuke sortit de son vêtement une étoffe en soie avec un symbole au centre.
"Qu'est-ce que c'est ? demanda Sakura, d'une voix basse et l'air grave, tout en sachant très bien ce qui était représentait sur le tissu.
_ L'emblème de ma famille : un éventail blanc et rouge sur fond bleu-marine. Ainsi que ça." Sasuke montra alors à Sakura une photo, du moins une partie, elle semblait déchirée sur un côté. "Une photo de ma famille ; mes parents, moi, et Itachi. Comme tu le vois, il manque une partie de la photo. Un mystère de plus" finit-il ironiquement.
Sakura ne disait plus rien et s'était contentée de regarder ce que lui présentait Sasuke. Elle était demeurée interdite et s'était sentie rapidement gênée puis terriblement honteuse. Elle continuait de regarder les objets qu'il tenait dans les mains et suivirent du regard ses mains qui les remettaient à leur place, dans les plis des vêtements du ninja. Après cela, Sasuke laissa lourdement tomber ses mains, un geste lassé qu'il aurait préféré ne pas montrer.
"Voilà, dit-il. Tu as d'autres questions ?
_ Non, répondit la kunoichi, honteuse.
_ Bien. Au fait, je ne tiens pas à ce que toutes ces mouches se jettent sur moi comme sur un morceau de viande avariée. C'est déjà assez difficile comme ça de toutes les supporter pour en rajouter une couche."
Sakura comprit la comparaison ; sur ces paroles, il se retourna et s'éloigna pour de bon, elle se contenta seulement de le regarder, le regard dans le vide jusqu'à ce qu'il disparaisse définitivement de sa vue.



______________
*[Quoi que tu fasses... ton amour pour ta famille de l'autre.] cf l'Infante dans Le Cid de Corneille

# Posté le vendredi 07 septembre 2007 13:50
Modifié le samedi 16 mai 2009 15:02

Chapitre 41: Coucher de soleil

Chapitre 41: Coucher de soleil
"Ah ! Sakura te voilà enfin. Je me demandais où tu... Sakura ?" Naruto observa la jeune fille qui venait d'arriver, pâle et le regard vide. Il s'avança précipitamment vers elle, inquiet de l'attitude de Sakura. "Qu'est-ce qui se passe ? Sakura ! Tu es toute blanche. Dis-moi ce qui ne va pas !" Sakura paraissait totalement perdue. Elle clignait sans cesse des yeux, et regardait Naruto comme s'il était un parfait inconnu. Peu à peu, elle reprit ses esprits et balbutia quelques paroles.
"Je... J'ai vu Sasuke. Il m'a... Il m'a montré ce qu'il avait trouvé.
_ Trouvé quoi ? Dans la maison de Ira ?" insista Naruto."
Sakura hocha la tête. Elle réfléchissait à toute vitesse, ses méninges travaillant d'instinct, incontrôlables, comme si son esprit s'efforçait de remettre en place, d'assembler les pièces d'un puzzle extraordinairement complexe. Inconsciemment, elle cherchait frénétiquement la vérité et était persuadée que tout cela était lié.
"Tout est lié...
_ Quoi ? Qu'as-tu dit Sakura ?"
Elle ne répondit pas et regardait toujours droit devant elle, le regard dans le vide, perdue dans ses pensées. Son esprit tâtonnait, continuait inlassablement de savoir pourquoi et comment, où était le Bien et où était le Mal. Quelque chose n'allait pas. Une pièce nécessaire à la construction du puzzle lui manquait, la pièce maîtresse, celle qui lui permettrait d'y assembler les autres.
"Il faut que je retourne le voir, dit-elle d'un ton absent.
_ Quoi ? Sakura, je ne comprends pas ce que tu dis. Pourquoi veux-tu y retourner ? Tu as découvert quelque chose ? Réponds-moi bon sang !
_ Je dois y aller seule."
Sur ce, elle se retourna et refit le chemin en sens inverse. Naruto la rattrapa.
"Sakura ! Dis-moi ce qu'il se passe !
_ Tu le sauras en temps voulu, si je découvre quelque chose ; tu seras le premier au courant. Je veux juste que tu me fasses confiance."
Naruto lâcha Sakura et la laissa s'éloigner, abasourdi.


***


Sakura continuait sa route, aux aguets. La vérité était sur le point d'éclater, elle le sentait. Quelque chose d'évident lui avait échappé mais Sakura était sur le point de faire le lien entre toutes ces pièces. Une porte sombre se dressait devant elle et ses pensées lui échappèrent. Avec appréhension mais déterminée, elle frappa. Silence. Sakura empoigna la clenche et ouvrit. La pièce était aussi sombre que la porte, pas âme qui vive. Deux futons au centre de la pièce et une table basse à droite, la porte qui menait à la salle de bain à sa gauche. Elle s'avança précautionneusement jusqu'à la fenêtre et la porte qu'elle avait malencontreusement laissée ouverte claqua. Elle se retourna brusquement. N'ayant plus la source de lumière du couloir, elle distinguait mal les contours des composants de la pièce.
"Qu'est-ce que tu fais là, Sakura ? Tu me suis ?
_ Sasuke ?
_ Pourquoi es-tu entrée ici ?
_ Je te cherchais.
_ Ça devient une obsession.
_ Il y a un truc qui ne va pas." Silence. " Ira et toi, il y a un lien entre vous deux et trop de coïncidences.
_ Qu'est-ce que tu veux que ça me fasse ?"
Sakura ne répondit pas, ignora sa remarque et s'assit au pied du lit les bras autour de ses jambes ramenées contre elle. Elle reprit sa léthargie en fixant ses pieds. Le silence fut roi pendant quelques instants puis Sasuke reprit la parole.
"Tu comptes rester là toute la nuit ? demanda-t-il.
_ S'il le faut, oui" répondit Sakura mais pas aussitôt.
Et le silence reprit. L'indifférent Sasuke se contenta de se poser au bord de la fenêtre et de regarder, à vrai dire sans réellement voir, le paysage. En effet, lui aussi était plongé des ses réflexions. Le soleil rougeoyant du soir frappait le village de sa lumière aveuglante. Et Sasuke en aurait été tout aussi indifférent, s'il n'avait pas été assailli par des souvenirs auxquels il n'avait pas pensés depuis des années.

Il était tard ce jour-là et Itachi avait été obligé de le porter, à cause d'un très long entraînement qui avait duré toute une journée, jusqu'au domaine sur ses épaules. Sasuke sommeillait bercé par les balancements que provoquaient les pas de son frère. Sa tête glissait le long de l'épaule d'Itachi lorsque celui-ci le réveilla d'une secousse. "Eh ! Sasuke ! Regarde." Le garçon leva la tête en sursaut et manqua de tomber en arrière. "Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?" "Oh arrête de grogner et regarde plutôt devant toi." Le tout jeune étudiant de l'académie resta coi devant le spectacle qui s'offrait à ses yeux. Une énorme boule de feu dardait ses derniers rayons devant eux et il semblait que la forêt allait s'embraser d'une seconde à l'autre.
"T'as vu, Itachi ? On dirait que le soleil essaye de s'agripper avec ses rayons pour ne pas disparaître.
_ C'est vrai. Mais il va tout de même bientôt laisser place à la nuit afin de renaître demain matin.
_ Itachi, est-ce que quand on meurt on renaît nous aussi ? Ou est-ce qu'on va rejoindre nos ancêtres comme le dit maman ?" Le dos du Chunnin se raidit et Sasuke insista. "Dis, Itachi ?
_ Je... Je ne sais pas, Sasuke." Itachi les éloigna aussitôt du soleil à l'agonie qui illuminait leur journée et était dévoré par la nuit lorsque son heure venait. Pas un mot de plus fut prononcé et plus jamais Sasuke ne posa cette question.

"Tu ne renaîtras et ne rejoindras personne, Itachi, car tu iras tout droit en Enfer."
"Sasuke ? ça ne va pas ?" Ce dernier ne dit rien et la jeune fille se releva pour s'asseoir face au nukenin. "Tu as fait une drôle de tête tout à coup. Quelque chose ne va pas ?" Il redressa ses murailles, cloisonna son esprit et reprit son impassibilité. Inconsciemment, un petit grognement lui échappa avant qu'il ne retourne à ses objectifs. Il revint à Sakura quand il l'entendit ricaner. Il feignit l'indifférence en se contentant de tourner d'un air agacé la tête vers elle. "Je ris, dit-elle en remarquant malgré tout par ses yeux une pointe d'interrogation, parce que ça me fait rappeler des choses et parce que tu es toujours aussi mignon quand tu grognes." En approuvant le fait qu'il aurait mieux fait de rester placide comme à son habitude, il détourna une nouvelle fois la tête. Un silence paisible régna alors pendant que Suna s'assombrissait devant eux jusqu'à ce que Sakura entende une personne l'appeler.
"Je dois y aller. Je te laisse." Elle descendit de la fenêtre, fit un pas ou deux pour se retrouver à la hauteur de l'Uchiwa, eut un moment d'hésitation puis se hissa sur la pointe des pieds et déposa un baiser sur le front du jeune homme avant de s'éloigner et de le laisser troublé et désorienté sur place.

# Posté le samedi 08 septembre 2007 09:02
Modifié le dimanche 28 juin 2009 05:35

Chapitre 42: Sensation étrange

Chapitre 42: Sensation étrange
A cette heure, la température était parfaite et la nuit tombait peu à peu. C'était à ces moments-là que les rues du village du sable était le plus fréquentaient. Les gens le regardaient passer et murmuraient à son passage.
"Tiens, regarde.
_ C'est un des ninjas que Konoha a envoyé ?
_ Oui."
"Ce n'est pas la première fois que je le vois.
_ Ah bon ?
_ Non. Tu ne te souviens pas lorsque Kazekage-sama a été enlevé. Kankuro-sama avait été blessé et c'est une ninja de Konoha qui l'avait guéri.
_ Je ne le savais pas."
"J'ai entendu dire que cette fille a été entraînée par un des Sannins légendaires de Konoha.
_ Non ?! C'est vrai ?
_ Apparemment. Personne, même pas Chiyo-baasama, n'avait réussi à soigner Kankuro-sama. Mais cette fille avait presque aussitôt trouvé l'antidote sans même consulter les rapports de nos médecins."
"C'est pas possible ?! Chiyo-baasama n'avait rien pu faire ?
_ Non.
_ Mais d'où sais-tu tout cela ?
_ Un ami médecin qui était présent me l'a raconté.
Naruto les ignorait ; il avait l'habitude de ces chuchotements car personne hormis le Kazekage ne savait ce que cela faisait d'être montré du doigt. Ces regards de peur, de dégoût, avec lesquels les autres vous regarde. Mais le jeune homme avait toujours cru en lui et savait pertinemment qu'un jour on le reconnaîtra et que plus personne ne pourra négliger son existence puisqu'il deviendra le plus grand ninja de son village. Depuis son enfance, il ne connaissait pas le manque de confiance en soi. A quoi cela pouvait-il bien servir ? Si on fait tout pour que nos rêves s'accomplissent, rien ne les empêchera de se réaliser. Il continuait son chemin, toujours la tête haute. Il arrivait aux pieds des remparts du village et s'engageait dans le chemin de ronde. Le jeune homme y croisa les ninjas de gardes qui le saluèrent à son passage.
"Naruto ?
_ Ah ! Hinata ! dit-il après s'être tournée vers elle. Qu'est-ce que tu fais là ?
_ Je suis de garde ce soir, répondit-t-elle en s'avançant vers lui. Le Kazekage nous a demandé si quelques uns d'entre nous pouvaient aider les ninjas de Suna à surveiller les alentours. Pendant que Neji-kun, Tenten-chan, Temari-san, Kankuro-san, Gaï-sensei et moi sommes ici, Lee-kun, Shino-kun, Shikamaru-kun, Choji-kun, Suigetsu-kun et Kakashi-sensei sont en train de parcourir le village. Les autres sont partis dormir pour prendre la relève plus tard.
_ Je vois."
Hinata observa le jeune homme.
"Et toi, Naruto ? Pourquoi es-tu là ?
_ Je réfléchissais, répondit-il en feignant un sourire. Les mains dans les poches, ils poussaient des des cailloux du bout de sa chaussure et semblait agiter. Hinata n'était pas dupe et trouvait Naruto étrange.
"Naruto, dis-moi ce qui ne va pas."
L'Uzumaki ne répondit pas et elle le prit donc par la main afin de le conduire un peu en retrait des autres ninjas.
"Naruto...
_ Hinata, coupa Naruto, je m'excuse. Je suis obnubilé par l'idée de retrouver Sasuke, le vrai, que je ne m'accorde que très peu de moment et te laisse seule.
_ Je ne suis pas seule, Naruto. Et je comprend très bien le fait que tu agisses comme ça. C'est ton but, Naruto.
_ Mais je n'ai pas à te mettre de côté comme ça et...
_ Et moi je ne veux pas que tu t'occupes de moi, coupa Hinata. Et puis je ne te trouves pas si distant que ça. Ne t'inquiètes pas, je t'assures que tout va bien pour moi et sache que je t'aiderai du mieux possible, ainsi que Sakura-chan."
Le blondinet approuva d'un signe de tête tout en la gardant baissée, tel un petit garçon qui aurait été réprimandé.
"Oui, merci, Hinata. Heureusement que tu es là."
Elle le dévisagea et lui sourit.

***


Pendant ce temps, dans un des édifices du quartier principale de Suna...
C'était la première fois depuis qu'elle était arrivée dans le village qu'elle avait pu sortir de sa chambre. Chaque détails qu'elle avait pus discerner du village caché du sable, elle les avait contemplés. Dans les rues, la cohue régnait toujours, les restaurants étaient bondés et quelques magasins encore ouverts aux clients. Vivre à l'écart de la société depuis toujours et soudain se retrouver dans un des villages les plus puissants au monde, était un véritable choc pour elle. Mais Ira avait pris goût à toute cette confusion et à ce tumulte.
Penchée à sa fenêtre, elle observait cette mêlée insouciante et une présence se fit sentir derrière la jeune fille. La personne se mit à ses côtés mais elle gardait les yeux fixés sur la foule.
"Vous avez l'air stupéfaite par tout cela, dit-il.
_ Oui, répondit-elle. Je n'ai jamais vu autant d'activité dans un seul endroit. Mais vous allez me dire que c'est tout à fait normal puisque je vivais dans une forêt." Elle ricana de sa remarque. "J'aimerai y retourner et voir cette foule d'un peu plus près. Le village était quasi désert quand je suis sortie, il faisait certainement encore un peu chaud mais ça m'était bien égal."
Gaara s'éloigna.
"Suivez-moi."
Elle se retourna vers lui d'un air interdit.
"Pardon ?
_ Vous vouliez voir Suna en pleine activité, non ?
_ Oui, mais...
_ Alors venez avec moi" coupa le Kazekage avant de franchir la porte.
Ira resta déconfite mais en voyant Gaara disparaître de son champ de vision elle le suivit à la hâte. Ils n'échangèrent aucun mot pendant le trajet avant d'arriver à la porte qui donnait sur l'extérieur. Gaara l'ouvrit et la laissa passer Ira en lui faisant un signe de la main. Elle s'avança et franchit l'encadrement de l'immense porte de bois. Gaara referma la porte derrière lui et s'engagea dans la rue. Ira ne le quittait pas, regardant attentivement autour d'elle. Autant d'activité et de lumière, les gens riaient, couraient, criaient ; tant de bruits qui aurait auparavant effrayée la jeune fille.
"Ça vous plaît ? demanda Gaara.
_ Oui, beaucoup.
_ J'en suis heureux.
_ ça doit merveilleux de vivre dans un village comme celui-ci.
_ ... Oui."
Le ton du Kazekage venait de changer.
"Quelque chose ne va pas ? s'inquiéta Ira. Gaara regardait droit devant lui et ne paraissait pas vouloir répondre. Elle se contenta de retourner à son étude et allait émettre une remarque sur le contenu d'un étalage, ce qui semblait être de la nourriture, que tenait une vieille femme quand Gaara reprit la parole.
"Ce village n'a pas toujours été pour moi très agréable. Il fut un temps où il me détestait et me craignait, au point de vouloir me tuer.
_ Ex... excusez-moi..., balbutia Ira en pâlissant après quelques secondes d'ahurissement.
_ Ce n'est rien. Vous ne saviez pas."
Elle le regarda furtivement puis essaya de se concentrer de nouveau sur le village. Trop curieuse de savoir pourquoi Suna qui était pourtant si chaleureuse, rejetterait son propre Kazekage, elle ne prit pas garde de sa cacher son intérêt ; Gaara s'en aperçut et y fit allusion.
"Vous aimeriez que je vous dise pourquoi ?
_ Ça... ça ne me regarde pas, répondit-elle en rougissant.
_ Je suis le Kage de ce village, que vous avez en quelque sorte "choisis" pour refuge. On ne vous a pas traité avec respect, vous aviez besoin d'aide et vous n'avez trouvé ici que plus animosité ; je m'en excuse d'ailleurs, sincèrement, une fois de plus. Vous nous avez fait confiance, encore peut-être malgré nos erreurs, par conséquent, j'en fais de même. Il se doit donc que vous soyez au courant, car je ne suis pas le seul.
_ Le seul ?
_ Sachez qu'il existe depuis longtemps, des créatures que l'on appelle Bijuus, des monstres à queues. Ils sont au nombre de neuf. Ils se caractérisent par le fait qu'ils possèdent chacun d'eux un nombre définis de queues. Le premier, Ichibi est le monstre à une queue, le deuxième, Nibi à deux queues et c'est ainsi jusqu'à neuf, Kyuubi. Pour augmenter leur force militaire, les hommes ont voulu dompter ces forces infernales en les scellant dans les corps d'êtres humains et s'en servir comme arme. Une guerre éclata entre les différents pays et ceux-ci en furent dévastés. Tour à tour, les Jinchuurikis, les hommes dans lesquels les démons sont scellés, moururent sous la puissance de leur Bijuus. Leur corps ne pouvait les supporter. Le nombre de morts fit prendre conscience de la folie des hommes et la guerre s'arrêta. Mais les Jinchuurikis existaient toujours et, puisqu'il n'y avait plus de conflit, les gens les rejetèrent et les mirent à l'écart. Ces personnes qui n'avaient rien demandé furent détestées et tyrannisées par la solitude et la vengeance, victimes des hommes.
_ Et... vous en êtes un ? finit-elle par répliquer après un temps d'hésitation.
_ Oui."
Ira baissa la tête.
"Ma mère est morte en me mettant au monde, continuait Gaara, et mon père a ordonné qu'on scelle en moi le démon Ichibi dès ma naissance. J'ai vécu sous le regard cruel des gens. Personne ne voulait m'approcher car j'étais un monstre. Je me suis alors demandé pourquoi j'existais et j'ai compris que ma seule raison de vivire était de tuer et de faire subir au monde entier toute ma haine et ma colère par des actes abominables. Mais, un jour, j'ai rencontré une personne qui était comme moi. Lui aussi avait vécu seul et était porteur d'un Bijuu. Il avait souffert autant que moi. Et j'ai prit conscience de la raison pour laquelle je vivais. Il n'était pas nécessaire de haïr, lui, il avait espéré qu'on le reconnaîtrais pour ce qu'il était vraiment. J'ai voulu devenir comme lui et j'ai réussi. Je suis même devenu le Kazekage de ce village.
_ Êtes-vous toujours le possesseur de ce... Bijuu ?
_ Non, je l'ai perdu. J'ai été enlevé par une organisation qui recherche ces Bijuus à travers le monde. Ils m'ont pris le mien.
_ Je suis désolée de vous avoir fait dire tout cela.
_ Ce n'est rien.
_ Est-ce que je peux savoir..., commença Ira avant de réaliser son indiscrétion.
_ Qui est cette personne ?" Elle baissa la tête et approuva. " Cela ne vous effraie pas ?
_ Non ; au contraire. Vous avez souffert bien plus que moi. Mon devoir n'est pas d'être effrayer mais de vous venir en aide."
Gaara la regardait.
"Naruto Uzumaki.
_ Le garçon aux cheveux blonds ?
_ C'est cela."
Ils arrivèrent dans une impasse où très peu de gens passaient à cet endroit et ils s'arrêtèrent quelques minutes. La tête d'Ira lui tourna soudainement, elle porta sa main à son front.
"Vous allez bien ? l'interrogea le Kazekage.
_ Pas très... je me sens bizarre... j'ai l'impression d'étouffer..."
Le monde devint flou aux yeux de la jeune fille, sa vue se troubla et le vide l'enveloppa. Quand elle rouvrit les yeux, elle était assise et appuyée à un mur. D'étranges yeux verts-turquoises empreints d'inquiétude la fixaient. Réalisant ce qui venait de se passer, la honte et la colère l'envahirent, traduites par le fait qu'elle rougit en peu de temps et fortement.
"Vous êtes restés trop longtemps au soleil cet après-midi et n'êtes pas encore assez habitués à la chaleur qui règne ici. Votre fatigue n'a fait qu'aggraver la situation." Elle voulut se lever trop vite et manqua de perdre l'équilibre une seconde fois mais le Kazekage la soutint. "Vous ne faites pas assez attention à vous. Ménagez-vous."
Cette soudaine proximité avec le chef du village l'embarrassa et elle s'empressa de lui obéir en se rasseyant précautionneusement. Cette jeune fille touchait sincèrement le Kazekage ; elle l'intriguait. Plusieurs fois il lui avait pris de la regarder sans aucun but. Juste la regarder, simplement. Pourquoi ? Il n'en avait aucune idée, mais une étrange sensation au fond de lui le poussait à agir ainsi, à la voir, à savoir comment elle allait, où était-elle...
"Je suis vraiment...
_ Ne vous inquiétez pas pour ça, je vais m'occuper de vous."
Leur regard se croisèrent et ne se quittèrent plus pendant de longues minutes.
"Merci" dit enfin Ira avec un sourire.


# Posté le dimanche 09 septembre 2007 13:33
Modifié le lundi 29 juin 2009 13:38