A cette heure, la température était parfaite et la nuit tombait peu à peu. C'était à ces moments-là que les rues du village du sable était le plus fréquentaient. Les gens le regardaient passer et murmuraient à son passage.
"Tiens, regarde.
_ C'est un des ninjas que Konoha a envoyé ?
_ Oui."
"Ce n'est pas la première fois que je le vois.
_ Ah bon ?
_ Non. Tu ne te souviens pas lorsque Kazekage-sama a été enlevé. Kankuro-sama avait été blessé et c'est une ninja de Konoha qui l'avait guéri.
_ Je ne le savais pas."
"J'ai entendu dire que cette fille a été entraînée par un des Sannins légendaires de Konoha.
_ Non ?! C'est vrai ?
_ Apparemment. Personne, même pas Chiyo-baasama, n'avait réussi à soigner Kankuro-sama. Mais cette fille avait presque aussitôt trouvé l'antidote sans même consulter les rapports de nos médecins."
"C'est pas possible ?! Chiyo-baasama n'avait rien pu faire ?
_ Non.
_ Mais d'où sais-tu tout cela ?
_ Un ami médecin qui était présent me l'a raconté.
Naruto les ignorait ; il avait l'habitude de ces chuchotements car personne hormis le Kazekage ne savait ce que cela faisait d'être montré du doigt. Ces regards de peur, de dégoût, avec lesquels les autres vous regarde. Mais le jeune homme avait toujours cru en lui et savait pertinemment qu'un jour on le reconnaîtra et que plus personne ne pourra négliger son existence puisqu'il deviendra le plus grand ninja de son village. Depuis son enfance, il ne connaissait pas le manque de confiance en soi. A quoi cela pouvait-il bien servir ? Si on fait tout pour que nos rêves s'accomplissent, rien ne les empêchera de se réaliser. Il continuait son chemin, toujours la tête haute. Il arrivait aux pieds des remparts du village et s'engageait dans le chemin de ronde. Le jeune homme y croisa les ninjas de gardes qui le saluèrent à son passage.
"Naruto ?
_ Ah ! Hinata ! dit-il après s'être tournée vers elle. Qu'est-ce que tu fais là ?
_ Je suis de garde ce soir, répondit-t-elle en s'avançant vers lui. Le Kazekage nous a demandé si quelques uns d'entre nous pouvaient aider les ninjas de Suna à surveiller les alentours. Pendant que Neji-kun, Tenten-chan, Temari-san, Kankuro-san, Gaï-sensei et moi sommes ici, Lee-kun, Shino-kun, Shikamaru-kun, Choji-kun, Suigetsu-kun et Kakashi-sensei sont en train de parcourir le village. Les autres sont partis dormir pour prendre la relève plus tard.
_ Je vois."
Hinata observa le jeune homme.
"Et toi, Naruto ? Pourquoi es-tu là ?
_ Je réfléchissais, répondit-il en feignant un sourire. Les mains dans les poches, ils poussaient des des cailloux du bout de sa chaussure et semblait agiter. Hinata n'était pas dupe et trouvait Naruto étrange.
"Naruto, dis-moi ce qui ne va pas."
L'Uzumaki ne répondit pas et elle le prit donc par la main afin de le conduire un peu en retrait des autres ninjas.
"Naruto...
_ Hinata, coupa Naruto, je m'excuse. Je suis obnubilé par l'idée de retrouver Sasuke, le vrai, que je ne m'accorde que très peu de moment et te laisse seule.
_ Je ne suis pas seule, Naruto. Et je comprend très bien le fait que tu agisses comme ça. C'est ton but, Naruto.
_ Mais je n'ai pas à te mettre de côté comme ça et...
_ Et moi je ne veux pas que tu t'occupes de moi, coupa Hinata. Et puis je ne te trouves pas si distant que ça. Ne t'inquiètes pas, je t'assures que tout va bien pour moi et sache que je t'aiderai du mieux possible, ainsi que Sakura-chan."
Le blondinet approuva d'un signe de tête tout en la gardant baissée, tel un petit garçon qui aurait été réprimandé.
"Oui, merci, Hinata. Heureusement que tu es là."
Elle le dévisagea et lui sourit.
***
Pendant ce temps, dans un des édifices du quartier principale de Suna...
C'était la première fois depuis qu'elle était arrivée dans le village qu'elle avait pu sortir de sa chambre. Chaque détails qu'elle avait pus discerner du village caché du sable, elle les avait contemplés. Dans les rues, la cohue régnait toujours, les restaurants étaient bondés et quelques magasins encore ouverts aux clients. Vivre à l'écart de la société depuis toujours et soudain se retrouver dans un des villages les plus puissants au monde, était un véritable choc pour elle. Mais Ira avait pris goût à toute cette confusion et à ce tumulte.
Penchée à sa fenêtre, elle observait cette mêlée insouciante et une présence se fit sentir derrière la jeune fille. La personne se mit à ses côtés mais elle gardait les yeux fixés sur la foule.
"Vous avez l'air stupéfaite par tout cela, dit-il.
_ Oui, répondit-elle. Je n'ai jamais vu autant d'activité dans un seul endroit. Mais vous allez me dire que c'est tout à fait normal puisque je vivais dans une forêt." Elle ricana de sa remarque. "J'aimerai y retourner et voir cette foule d'un peu plus près. Le village était quasi désert quand je suis sortie, il faisait certainement encore un peu chaud mais ça m'était bien égal."
Gaara s'éloigna.
"Suivez-moi."
Elle se retourna vers lui d'un air interdit.
"Pardon ?
_ Vous vouliez voir Suna en pleine activité, non ?
_ Oui, mais...
_ Alors venez avec moi" coupa le Kazekage avant de franchir la porte.
Ira resta déconfite mais en voyant Gaara disparaître de son champ de vision elle le suivit à la hâte. Ils n'échangèrent aucun mot pendant le trajet avant d'arriver à la porte qui donnait sur l'extérieur. Gaara l'ouvrit et la laissa passer Ira en lui faisant un signe de la main. Elle s'avança et franchit l'encadrement de l'immense porte de bois. Gaara referma la porte derrière lui et s'engagea dans la rue. Ira ne le quittait pas, regardant attentivement autour d'elle. Autant d'activité et de lumière, les gens riaient, couraient, criaient ; tant de bruits qui aurait auparavant effrayée la jeune fille.
"Ça vous plaît ? demanda Gaara.
_ Oui, beaucoup.
_ J'en suis heureux.
_ ça doit merveilleux de vivre dans un village comme celui-ci.
_ ... Oui."
Le ton du Kazekage venait de changer.
"Quelque chose ne va pas ? s'inquiéta Ira. Gaara regardait droit devant lui et ne paraissait pas vouloir répondre. Elle se contenta de retourner à son étude et allait émettre une remarque sur le contenu d'un étalage, ce qui semblait être de la nourriture, que tenait une vieille femme quand Gaara reprit la parole.
"Ce village n'a pas toujours été pour moi très agréable. Il fut un temps où il me détestait et me craignait, au point de vouloir me tuer.
_ Ex... excusez-moi..., balbutia Ira en pâlissant après quelques secondes d'ahurissement.
_ Ce n'est rien. Vous ne saviez pas."
Elle le regarda furtivement puis essaya de se concentrer de nouveau sur le village. Trop curieuse de savoir pourquoi Suna qui était pourtant si chaleureuse, rejetterait son propre Kazekage, elle ne prit pas garde de sa cacher son intérêt ; Gaara s'en aperçut et y fit allusion.
"Vous aimeriez que je vous dise pourquoi ?
_ Ça... ça ne me regarde pas, répondit-elle en rougissant.
_ Je suis le Kage de ce village, que vous avez en quelque sorte "choisis" pour refuge. On ne vous a pas traité avec respect, vous aviez besoin d'aide et vous n'avez trouvé ici que plus animosité ; je m'en excuse d'ailleurs, sincèrement, une fois de plus. Vous nous avez fait confiance, encore peut-être malgré nos erreurs, par conséquent, j'en fais de même. Il se doit donc que vous soyez au courant, car je ne suis pas le seul.
_ Le seul ?
_ Sachez qu'il existe depuis longtemps, des créatures que l'on appelle Bijuus, des monstres à queues. Ils sont au nombre de neuf. Ils se caractérisent par le fait qu'ils possèdent chacun d'eux un nombre définis de queues. Le premier, Ichibi est le monstre à une queue, le deuxième, Nibi à deux queues et c'est ainsi jusqu'à neuf, Kyuubi. Pour augmenter leur force militaire, les hommes ont voulu dompter ces forces infernales en les scellant dans les corps d'êtres humains et s'en servir comme arme. Une guerre éclata entre les différents pays et ceux-ci en furent dévastés. Tour à tour, les Jinchuurikis, les hommes dans lesquels les démons sont scellés, moururent sous la puissance de leur Bijuus. Leur corps ne pouvait les supporter. Le nombre de morts fit prendre conscience de la folie des hommes et la guerre s'arrêta. Mais les Jinchuurikis existaient toujours et, puisqu'il n'y avait plus de conflit, les gens les rejetèrent et les mirent à l'écart. Ces personnes qui n'avaient rien demandé furent détestées et tyrannisées par la solitude et la vengeance, victimes des hommes.
_ Et... vous en êtes un ? finit-elle par répliquer après un temps d'hésitation.
_ Oui."
Ira baissa la tête.
"Ma mère est morte en me mettant au monde, continuait Gaara, et mon père a ordonné qu'on scelle en moi le démon Ichibi dès ma naissance. J'ai vécu sous le regard cruel des gens. Personne ne voulait m'approcher car j'étais un monstre. Je me suis alors demandé pourquoi j'existais et j'ai compris que ma seule raison de vivire était de tuer et de faire subir au monde entier toute ma haine et ma colère par des actes abominables. Mais, un jour, j'ai rencontré une personne qui était comme moi. Lui aussi avait vécu seul et était porteur d'un Bijuu. Il avait souffert autant que moi. Et j'ai prit conscience de la raison pour laquelle je vivais. Il n'était pas nécessaire de haïr, lui, il avait espéré qu'on le reconnaîtrais pour ce qu'il était vraiment. J'ai voulu devenir comme lui et j'ai réussi. Je suis même devenu le Kazekage de ce village.
_ Êtes-vous toujours le possesseur de ce... Bijuu ?
_ Non, je l'ai perdu. J'ai été enlevé par une organisation qui recherche ces Bijuus à travers le monde. Ils m'ont pris le mien.
_ Je suis désolée de vous avoir fait dire tout cela.
_ Ce n'est rien.
_ Est-ce que je peux savoir..., commença Ira avant de réaliser son indiscrétion.
_ Qui est cette personne ?" Elle baissa la tête et approuva. " Cela ne vous effraie pas ?
_ Non ; au contraire. Vous avez souffert bien plus que moi. Mon devoir n'est pas d'être effrayer mais de vous venir en aide."
Gaara la regardait.
"Naruto Uzumaki.
_ Le garçon aux cheveux blonds ?
_ C'est cela."
Ils arrivèrent dans une impasse où très peu de gens passaient à cet endroit et ils s'arrêtèrent quelques minutes. La tête d'Ira lui tourna soudainement, elle porta sa main à son front.
"Vous allez bien ? l'interrogea le Kazekage.
_ Pas très... je me sens bizarre... j'ai l'impression d'étouffer..."
Le monde devint flou aux yeux de la jeune fille, sa vue se troubla et le vide l'enveloppa. Quand elle rouvrit les yeux, elle était assise et appuyée à un mur. D'étranges yeux verts-turquoises empreints d'inquiétude la fixaient. Réalisant ce qui venait de se passer, la honte et la colère l'envahirent, traduites par le fait qu'elle rougit en peu de temps et fortement.
"Vous êtes restés trop longtemps au soleil cet après-midi et n'êtes pas encore assez habitués à la chaleur qui règne ici. Votre fatigue n'a fait qu'aggraver la situation." Elle voulut se lever trop vite et manqua de perdre l'équilibre une seconde fois mais le Kazekage la soutint. "Vous ne faites pas assez attention à vous. Ménagez-vous."
Cette soudaine proximité avec le chef du village l'embarrassa et elle s'empressa de lui obéir en se rasseyant précautionneusement. Cette jeune fille touchait sincèrement le Kazekage ; elle l'intriguait. Plusieurs fois il lui avait pris de la regarder sans aucun but. Juste la regarder, simplement. Pourquoi ? Il n'en avait aucune idée, mais une étrange sensation au fond de lui le poussait à agir ainsi, à la voir, à savoir comment elle allait, où était-elle...
"Je suis vraiment...
_ Ne vous inquiétez pas pour ça, je vais m'occuper de vous."
Leur regard se croisèrent et ne se quittèrent plus pendant de longues minutes.
"Merci" dit enfin Ira avec un sourire.